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Jeudi 21 août 4 21 /08 /Août 11:00
Paul BIYA, dites-nous l'état de vos "univers concentrationnaires" et nous vous dirons la vraie nature de votre régime: une tyrannie sanguinaire.

Qu'on en juge:

- Yaoundé le 26 juillet 2005: 1 mort

- Buea le 14 août 2005: 4 morts

- Yaoundé le 2 janvier 2007: 2 morts

- Yoko les 28 et 29 juin 2007: 20 morts

- Douala le 29 juin 2008: 15 morts

- Douala le 20 Août 2008: 10 morts

Sans compter les nombreux blessées, les morts anonymes et les sévices quotidiens

Point final.

Les prisons en ébullition !

Yaoundé, le 10 mai 2005, prison centrale de ( kondengui ).En cette veille de la fête du 20 mai, les prisonniers sont fâchés et le font savoir « Depuis deux mois, les gardiens de prison nous prennent pour des chiffons. Chaque matin, ils se contentent d’aller derrière la prison pour l’entraînement de la fête du 20 mai. A leur retour à 11 heures, ils commencent l’embarquement des prisonniers à conduire au parquet, le temps de les enchaîner, les magistrats renvoient les affaires pour au moins deux mois », confiera le porte parole des prisonniers au Messager. Joint au téléphone, un responsable de l’administration pénitentiaire tente une explication : « Je ne vais pas vous embrouiller avec les chiffres. Retenez que ceux qui s’entraînent sont les mêmes qui doivent conduire les détenus au parquet ». Les détenus, très remontés, se disent prêts à passer à la vitesse supérieure si leur acheminement au parquet continue de se faire tardivement.

Yaoundé le 26 juillet 2005, une grave altercation oppose les condamnés à mort aux gardiens de la prison de Kondengui et pour cause, « un grand bandit a poignardé un condamné à mort dans le dos. Transporté d’urgence à l’infirmerie, on lui a injecté un antibiotique périmé en l’absence de l’infirmier de service ». Pour sauver leur co-détenu, les condamnés à mort séquestrent le régisseur Paul Merlin Likeng afin de contraindre à évacuer la victime à l’hôpital. Face à la détermination des maximilliens d’en découdre avec le régisseur, les gardiens de prison tirent douze coups de feu en l’air.

Buea le 14 août 2005, aux environs de midi, Mouko, un condamné à mort tient en respect les gardiens de prison du pénitencier à l’aide d’un pistolet. Les geôliers tentent de résister. Ils sont aussitôt mis en minorité par une horde de détenus armés de couteaux et de gourdins. Cinquante trois prisonniers profiteront de cet affrontement, de la vétusté des locaux et l’état de décrépitude avancée de la prison pour s’évader. Le régisseur, M. Nono, sollicite le renfort de la gendarmerie et de la police pour rattraper les fugitifs éparpillés dans la ville. La chasse à l’homme commence car parmi les fuyards se trouvent des dangereux criminels. Dans cette battue organisée, quatre prisonniers sont tués, huit rattrapés et de nombreux blessés enregistrés.

Yaoundé le 2 janvier 2007, Kondengui est réveillé par des coups de feu en provenance de la prison. Le 28 décembre 2006 en effet, les gardiens de prison ont commencé à manifester leur mécontentement. « Depuis notre sortie de l’école nationale d’administration pénitentiaire le 26 novembre 2004, nous n’avons pas encore été intégrés dans le corps des gardiens de prison » confie l’un d’eux au Messager avant de déplorer le fait que « la bourse qu’on nous octroie est de 40 500frs ».A l’intérieur du pénitencier, la furie des prisonniers atteint son paroxysme : ils détruisent tout, bureaux, infirmerie, magasins… Dans cette confusion, la gendarmerie appelée en renfort chargent les manifestants : plus de deux morts et des dégâts matériels enregistrés.

Yoko les 28 et 29 juin 2007, La mutinerie la plus spectaculaire suivie d’une évasion massive durant cette décennie se sont déroulées à Yoko dans le département du Mbam et Kim. Bilan très lourd : au moment où la cavale des vingt huit fugitifs de la prison principale de Yoko prend fin le 4 juillet 2007, 26 sont rattrapés, vingt tués par la gendarmerie nationale, cinq blessés graves. Dans la nuit du 28 au 29 juin 2007 en effet, il était un peu plus de minuit lorsque deux jeunes prisonniers spécialisés dans les braquages internés dans la prison de production de Yoko décident d’escalader le mur intérieure de cette maison d’arrêt. Au même moment une centaine d’autres détenus hurlent à travers les différents quartiers de la prison. Trois geôliers seulement sur la dizaine que compte la prison de Yoko assurent la garde. Ils sont désarmés par les prisonniers. Près de 60 détenus fondent dans la nature emportant plus de 800 munitions, des armes et d’autres équipements.

Kribi le 12 décembre 2007, en pleine nuit, le feu s’élève à la prison principale. La panique s’empare des riverains de la maison d’arrêt. Une bagarre entre prisonniers de ce pénitencier s’est transformée en émeute. « Les prisonniers saccagent tout et exigent le respect de leurs droits et interdisent l’accès de la prison aux gardiens » écrit Le Messager. Selon le régisseur Thuisseu, « cette grogne est la conséquence de l’interdiction des cigarettes et autres drogues dans la cellule et le durcissement des méthodes de contrôle ». Faux rétorquent les pensionnaires, « ce n’est pas un pas un problème de cigarette, ce que nous réclamons, c’est le respect de nos droits. Nous ne pouvons pas accepter qu’un détenu parce qu’il a de l’argent brime les autres sous le regard indulgent du régisseur. On nous prive aussi de nos repas quotidiens parfois » confie un détenu qui totalise sept ans dans cette prison.

Douala le 25 décembre 2007, Owona Ndengué et 19 autres détenus trompent la vigilance des geôliers de la prison centrale de new Bell à Douala et se fondent dans la nature. « C’est par le mur arrière qu’ils ont escaladé après avoir tenu en respect à l’aide de pistolets automatiques deux gardiens de prison postés dans les miradors », explique un gardien de prison au Messager.Les pistolets automatiques utilisés par les évadés auraient été cachés dans des boules de couscous transportées quelques semaines plutôt par un détenu ayant bénéficié des corvées libres.

Bafoussam le 3 janvier 2008, au petit matin, trois détenus s’échappent de la prison de cette ville. Il s’agit de Armand Talla, 27 ans, ancien élève au lycée technique de Bafoussam poursuivi pour vol aggravé ; Godlove Tanka, sans profession, poursuivi plusieurs fois pour vol ; et Jonas Tatepoung, 37 ans poursuivi pour détention d’arme à feu.

Douala le 29 juin 2008, une tentative d’évasion à la prison de New Bell se transforme en carnage. Bilan : plus de 15 morts et de nombreux blessés. Tout commence dans la cour du pénitencier lorsqu’un détenu tire un coup de feu en l’air dans le but de distraire les gardiens de prison afin de polariser leur attention et faciliter l’évasion massive de ses co-détenus. Les gardiens de prison ripostent en ouvrant le feu sur ceux des prisonniers ayant réussi à franchir la porte de sortie. C’est ainsi que certains détenus sont abattus et d’autres blessés tandis que quelques uns s’enfuient dans la nature. Pour rattraper les fuyards, la ville de Douala restera quadrillée par les forces de l’ordre le lendemain ; ils courent toujours.

Par Bernard BATANA Avec Judith KAMDEM (stagiaire)
Le 21-08-2008
Le Messager

A la une

Prison centrale de Douala
Incendie à New-Bell : 10 morts



Un feu crée une panique générale.

« Selon nos informations, un incendie se serait déclaré vers 4h30 dans un des quartiers de la prison de New-Bell, à Douala. L’alerte a aussitôt été donnée. Les forces de l’ordre et les équipes de secours se sont déportées sur le lieu. Tout semble faire croire que le sinistre ne serait pas un simple accident. Les enquêtes, encore en cours, nous permettront d’y voir plus clair ». Amadou Ali, vice-Premier ministre, ministre de la Justice, Garde des Sceaux, venu à Douala hier mercredi pour s’enquérir de la réalité de ce qui s’est passé dans la nuit de mardi à mercredi 20 août à la prison de New-Bell, a livré ses premières informations à la presse à l’issue d’une réunion, à la Province à Bonanjo. Selon nos informations recueillies sur le terrain dès les toutes premières heures des faits, tout est parti du quartier « Régime », antre des détenus dits dangereux. Ce quartier comprend six cellules abritant quelque 200 pensionnaires. D’après une source présente dans la prison au moment des faits, le feu s’est déclaré à la cellule n°3, qui est en fait un hangar connu pour son insalubrité. Complètement consumé, il a contraint les prisonniers à chercher refuge ailleurs.

C’est lors de ce mouvement de foule que le mur des cellules n°4 et n°5 aurait cédé: « Dans la panique générale, des détenus sont morts. Il n’est pas exclu qu’il y ait eu des piétinements », a expliqué Amadou Ali aux journalistes. Jusqu’à 8h45 hier matin, on entendait encore des coups de feu provenir de la prison, alors que les forces de sécurité et de secours (militaires, gendarmes, pompiers…) avaient depuis longtemps déjà bouclé le périmètre. Le ballet des ambulances entre la prison et les hôpitaux témoigne la gravité de la situation. Officiellement, les autorités dressent « un bilan très lourd de 9 morts et 78 blessés dont 30 graves conduits à l’Hôpital Laquinitinie et à l’Hôpital général de Douala ». Amadou Ali précise néanmoins que le dixième corps transporté avec les morts de l’incendie, « est celui d’un homme décédé avant les évènements du 20 août et qui attendait à l’infirmerie de la prison d’être déposé à la morgue de l’Hôpital Laquinitinie ».

Pas de nouvelle prison avant 2012

Pour le ministre de la Justice, La surpopulation des effectifs, la vétusté des locaux, la promiscuité… incitent aujourd’hui le gouvernement à « relancer le projet de construction d’une nouvelle prison centrale, dont le site existe sur la route de Yabassi. Nous allons organiser une descente sur le terrain avec le délégué du gouvernement pour voir dans quelle mesure les travaux peuvent démarrer en 2009. » Le nouveau pénitencier ne pourra être livré avant 2012. D’ici là, une solution intermédiaire est envisagée. « En attendant, nous prévoyons l’extension de la prison de New-Bell, le réaménagement de l’espace », propose Amadou Ali qui ajoute qu’« on ne peut pas s’attendre à avoir une prison digne de ce nom, à Douala, avant les trois prochaines années ».

S’il reconnaît que les prisons camerounaises ont besoin d’être humanisées, le ministre de la Justice trouve « exagéré » de parler de surpopulation carcérale au Cameroun. « En dehors des prisons centrales de Douala, avec 3.200 détenus à ce jour, et de Yaoundé qui compte 4.800 détenus, soit un tiers des 24. 000 prisonniers recensés au Cameroun, les prisons comme celle de Yoko sont presque vides », argumente-t-il. Quid de la décongestion des prisons centrales ? « Nous privilégions le rapprochement des détenus de leurs familles. Eloigner les uns des autres reviendraient à demander à l’Etat de débourser des sommes supplémentaires d’argent, notamment en matière de ration alimentaire des prisonniers, ce qu’il ne peut pas faire pour le moment », oppose Amadou Ali. Après un tour à la prison de New-Bell et à l’hôpital Laquintinie de Douala, il a repris la route pour Yaoundé. Laissant l’enfer carcéral de New-Bell avec ses problèmes…

Société – Secours
Ambiance dans cet établissement sanitaire où ont été évacués l’essentiel des détenus brûlées.

L’hôpital Laquintinie en état d’alerte


Dès l’arrivée des premiers brûlés de la prison centrale de Douala aux environs de 7 heures 30 minutes, hier mercredi 20 août, l’hôpital Laquintinie est aussitôt placé en état de sécurité maximale. Des éléments de la police et de la gendarmerie en faction quadrillent l’espace et filtrent toutes les entrées dans les différents services (urgences, bloc opératoire, réanimation et morgue) où sont placés les prisonniers brûlés et décédés. Des familles des prisonniers accourues pour vérifier si les leurs ne font pas partie du lot des victimes sont bloquées aux différentes entrées. «Je veux savoir la situation de mon fils. Je suis d’autant plus inquiet que j’ai suivi un gardien de prison raconter que le feu est partie de la cellule N°15 où il est gardé», s’inquiète Marie Christine. « Mais nous ne trouvons aucun interlocuteur. Depuis la prison centrale, où nous avons été tenus à bonne distance par un cordon de sécurité, nous nous sommes faits dire de nous rapprocher plutôt de l’hôpital Laquintinie où tous les cas graves sont évacués », se lamente Ngo Nken Madeleine, la sœur d’un prisonnier.

Quelques malins réussissent à franchir le cordon de sécurité en se faisant passer pour des garde-malades ou pour des malades venus en consultation Pendant ce temps, les rumeurs les plus folles gonflent les chiffres des décédés et des brûlés. Certains parlent de prisonniers fusillés alors qu’ils voulaient profiter de la situation pour s’évader. « Tous ceux des prisonniers qu’on a évacués sont des brûlés, aucun impact de balle n’a été relevée», dément un brancardier. « Nous avons été brûlés parce que nous étions encerclés par les flammes. A un moment, nous avons voulu nous réfugier à l’arrière des cellules, c’est alors que nous avons été coincés. Mais il y a aussi certains d’entre nous qui ont été brûlés parce qu’ils sont allés porter secours à d’autres camarades », confie Ebongue Donald, prisonnier interné au service des urgences. Malgré le travail remarquable de Manga le Major de service et le chef service des urgences chirurgicales, le Dr Bitang à Mafok pour administrer les soins aux victimes, l’un des accidentés décède. Ce qui porte le nombre de morts à dix.

Bilan des évacués

On observe la même mobilisation au bloc opératoire où passent la plupart des brûlés graves avant d’être envoyés en salle d’hospitalisation ou en réanimation. En début d’après-midi, la pression tombe d’un cran. Le premier bilan est dressé : 16 prisonniers ont été évacués à l’hôpital Laquintinie, 4 d’entre eux brûlés au troisième degré et en profondeur ont été acheminés à l’hôpital Général de Douala, les 12 autres, brûlés au deuxième degré sont maintenus internés. Ils présentent des brûlures aux pieds, sur les omoplates, sur les visages et sur la partie dorsale du corps. «Nous avons eu des cas critiques. Les premiers soins ont été administrés, certains ont été placés en réanimation. Mais dans le cas des brûlures, le plus dur commence après quarante huit heures, lorsque le corps commence à réagir par dégagement des gaz », explique le Dr Bitang à Mafok.

De source proche des responsables médicaux de la prison centrale de Douala, on a appris que 48 autres blessés et des brûlés de faible portée sont maintenus à l’intérieur de la prison où ils reçoivent les soins adéquats administrés par le personnel infirmier renforcé. Jusque vers 10 heures trente, les dix dépouilles des prisonniers décédés étaient soigneusement disposées au sol à la morgue. Seul un des corps présentait une jambe entièrement calcinée. Les autres ne présentent que des blessures légères sans aucun impact de balle. « Tout porte à croire que ce sont des décès par étouffement ou par piétinement lors des bousculades », soutient un médecin.

Décédés


1- Fokou Roger cellule n°1
2- Ngueldo Marcel, cellule n°5
3- Tchamo Thierry, Cellule n°6
4- Sadjenkeng Jean Paul, cellule n°5
5- Tchatue René, cellule n°15
6- Yoyo Bruno cellule n° 4
7- Kwamo Olivier, cellule n°16
8- Ashu Ernest, cellule n°6
- 02 corps non identifiés

Brûlés évacués à l’Hôpital Laquintinie de Douala

1- Ateba, 24 ans
2- Youmbi Joseph, 34 ans
3- Batchou Simon, 34 ans
4- Odjong Joseph, 34 ans
5- Koum Daniel, 26 ans
6- Njayou Roger, 28 ans
7- Fokou Fopa, 28 ans
8- Fongang Francis, 36 ans
9- Ebongue Donald, 32 ans
10- Djado Rostand, 30 ans
11- Fankam Félix, 28 ans

Brûlés évacués à l’hôpital général de Douala

1- Bouba Zoa, 32 ans
2- Tchengang Richard, 46 ans
3- Takou Romeo, 24 ans
4- Issen Samuel, 31 ans


Par Jean-Célestin EDJANGUE et Mathieu Nathanaël NJOG
Le Messager
Le 21-08-2008

Par Joel Didier ENGO
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