Cameroun: cette bête qui a toujours su se nourrir des petites peurs et lâchetés collectives

Publié le par Joel Didier ENGO


"...Qu’on se rassure, le changement ne viendra pas de la rue comme en Tunisie, en Égypte ou peut-être en Libye. Il viendra du système lui-même. C’est la raison pour laquelle les mots d’ordre de grève ne passent plus..." Dixit Michel Michaut Moussala dans l'article "Révolution Opération manquée: Échec à la grève: autopsie d’une révolution mal amorcée"
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Conclusion un peu hâtive et qui rassure d'abord sinon uniquement son auteur, Monsieur Michel Michaut Moussala

Car la science politique nous apprend qu'un système totalitaire n'accouche jamais, en tout cas très exceptionnellement d'un changement, d'une transition, d'une réelle alternance politique...Il ne sait simplement pas l'anticiper. La Tunisie de Ben ALI, l'Égypte de Hosni Moubarak, puis la Libye de Mouammar Kadhafi... sont là pour en témoigner. C'est précisément ce qui les rapproche aussi du Cameroun de Paul BIYA. En effet l'extrême longévité de tout régime autocratique phagocyte toute initiative novatrice, et installe inévitablement un véritable marquage individualisé de tout potentiel talent, de tout réformateur.

C'est cela la réalité interne au RDPC, celle que vous refusez délibérément d'analyser, Monsieur Michel Michaut Moussala. Ce qui dans le contexte délétère du Cameroun, est parfaitement compréhensible

Pourtant on aurait aussi aimé lire sous votre plume que, parmi les jeunes et dynamiques quinqua, quadra, et autres militants...de ce parti État qu'est le Rassemblement dit Démocratique du Peuple Camerounais (RDPC)...très peu d'entre-eux peuvent réellement impulser le changement attendu par les camerounais aujourd'hui. Aucun d'entre-eux n'est capable de faire entendre raison à son Président inamovible Paul BIYA, notamment sur l'incohérence factuelle (bilan trentenaire largement négatif, contexte international défavorable...) que représente sa prochaine candidature,  donc sa "réélection"automatique pour un nouveau septennat (ce qui équivaut à une présidence à vie pour un homme âgé de 80 ans qui règne depuis 30 ans)

C'est franchement peine perdue, car cette femme ou cet homme providentiel n'existe simplement pas dans les rangs du RDPC; du moins il déploie des trésors d'inculture politique pour ne surtout pas être remarqué par ses grands camarades, et se mettre à dos Paul BIYA.

Alors la supposée opposition camerounaise est bonnement à l'image du RPDC, tétanisée par l'idée d'une rénovation interne (avec des leaders aussi inamovibles que Paul BIYA au RDPC), puis d'une réelle ouverture démocratique au Cameroun. Et c'est là où réside tout le drame camerounais, et qui accroit singulièrement les risques d'une déflagration généralisée, incontrôlable.

La faute à qui ou à quoi? comme on a coutume de demander au Cameroun...À la seule opposition? personne ne peut le croire. À vous et peut-être à nous aussi du terroir comme de la diaspora...Car la bête tyrannique Paul BIYA a toujours su se nourrir de nos petites peurs et lâchetés respectives/ collectives. Tel votre article de ce jour...

Je vous remercie

Joël Didier Engo

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Ayayie 15/03/2011 12:40