Cameroun: la perpétuation du crime, comme mode de gouvernement

Publié le par Joel Didier ENGO

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Bien au-delà du voeux pieux de la démission de tel ou tel dirigeant camerounais (notamment de l’actuel secrétaire général à la présidence de la République Laurent ESSO, commanditaire de l’incarcération arbitraire du journaliste décédé en prison); ce qui déconcerte et inquiète davantage, c’est la cruauté d’une génération de dirigeants (sans exception), qui n’hésitent pas à tuer leurs semblables sur la base de suspicions ou d’interêts bassement alimentaires.

Quelle valeur ces criminels d’Etat attachent-ils à la vie du commun des camerounais? visiblement aucune, sans l’ombre d’un doute.

Il est plus que jamais de la responsabilité de la communauté internationale de faire à ce que les uns et les autres répondent effectivement de leurs meurtres….

Sinon il faudra se résigner à l’impossible renaissance démocratique et de l’état de droit au Cameroun; le voir ainsi se  condamner à une  perpétuation du crime (sous toutes ses formes) comme unique mode de gouvernement, à travers les générations.

 

Voilà la  vraie préoccupation pour le devenir de ce pays.

D’où l’impératif de sortir des petites compromissions, des petites lâchetés, des petites aigreurs, surtout des corruptions rampantes….qui gangrènent le “quatrième pouvoir” au Cameroun

Déplorons la mort d’un Journaliste (un de plus…sur une longue liste macabre) ; et disons-nous surtout qu’aucun être humain (fût-il « Epervier ») ne doit être arrêté, incarcéré dans un état de droit (digne de ce nom), sans avoir été équitablement jugé et condamné dans un tribunal indépendant.

C’est précisément parce que nombre de journalistes au Cameroun, ont longtemps pensé que ce sont des « malheurs » qui n’arrivent qu’aux autres (qui le méritent et croupissent donc à vie dans leurs univers concentrationnaires dites « cellules spéciales » ), que lesdits journalistes ont fait le lit de la terreur sanguinaire qui s’abat mortellement sur eux aujourd’hui.

Car celle-ci s’est crue tout autorisée, du fait des petites compromissions, des petites lâchetés, des petites aigreurs, surtout des corruptions…. distillées à dose homéopathique au sein du « quatrième pouvoir » par la tyrannie en place au Cameroun.

Redevenons d’abord collectivement des Hommes; et nous saurons alors nous élever efficacement contre les crimes et traitements dégradants infligés par le Régime de Paul BIYA à nos semblables, journalistes et citoyens lamda au Cameroun.

Les Bras m’en tombent!!!

Mes bras tombent effectivement lorsque j’ apprends dans les colonnes du Journal “Dikalo”, que le dépositaire de la plainte à l’origine de ce drame, n’est autre qu’un autre journaliste (originaire du sud): OBAM ASSAM Samuel (directeur du courrier présidentiel).

Ce dernier aurait donc porté plainte contre d’autres confrères…sous le couvert du secrétaire général à la Présidence de la République du Cameroun, Laurent ESSO.

Mais comment des femmes et des hommes dont on ne pouvait à l’origine suspecter la moindre compromission (intellectuelle ou matérielle) ont-ils pu se laisser vampiriser par un régime sanguinaire, au point ( pour certains d’entre-eux) de se revendiquer fièrement comme ses fidèles esclaves?

Comment en sont-ils arrivés là? infliger (in-directement) de tels châtiments corporels, parfois mortels, à leurs semblables…

Un tel vampirisme politique mériterait d’être analysé, afin qu’il ne se reproduise pas dans l’Histoire (jusqu’ici tragique) du Cameroun.

Je vous remercie

Joël Didier Engo

 

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Décès d'un journaliste en prison: La démission de Laurent Esso attendue
Aurore Plus
 
DOUALA - 23 AVR. 2010
© DALLE NGOK PIERRE | Aurore Plus
 
 
Le masque de Laurent Esso qui est à l'origine de cette tragédie est enfin tombé.
Par une sorte de raison d'Etat, ils étaient trois pour l'enfer. Victimes de nombreuses exactions corporelles durant leur détention, l'un d'eux Bibi Ngota, est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi à la prison centrale de Yaoundé. Le directeur de publication de l'hebdomadaire Cameroun Express, n'a pas pu supporter les sévices carcérales et aurait succombé dit-on, des suites d'hypertension artérielle.

Le disparu était en détention préventive depuis bientôt deux mois au pénitencier de Kondengui, où tout soin lui avait été refusé en dépit d'un état jugé préoccupant par les siens. Il avait d'abord été arrêté début février dernier par les éléments de la direction générale de la recherche extérieure (DGRE, renseignement), en même temps que d'autres confrères, sur recommandation du secrétaire général de la présidence de la République, Laurent Esso, qui les accusait de détention d'un document «confidentiel» mais qui serait un faux.

Ledit document, daté du 20 juin 2008, est une instruction donnée par M. Esso à l'administrateur-directeur général de la Société nationale des hydrocarbures (SNH), Adolphe Moudiki, de payer une commission globale de 1,342 milliard FCFA à MM. Dooh Collins, Antoine Bikoro Alo'o et Dayas Mounouné, respectivement consultant, directeurs généraux du Chantier naval et du Port autonome de Douala, la métropole économique.

Cette somme représente des «frais de commission» dans le cadre de l'acquisition d'un bateau-hôtel par la SNH, dont le président du conseil d'administration n'est autre que le SG/PR.

Serge Sabouang et Robert Mintsa, respectivement directeurs de publication des bimensuels La Nation et Le Devoir, et Hervé Nko'o reporter à l'hebdomadaire Bebela, furent gardés au secret pendant près de deux semaines. S'agissant de Bibi Ngota, il a été 'traité' séparément par la police judiciaire, si l'on en croit une source proche du Cener à Douala. «La DGRE ne s'est jamais mêlé de près ou de loin d’interpellation de ce journaliste».

Selon les familles respectives, à leur sortie des cellules de ce service de contre-espionnage, ils présentaient de sérieuses traces de torture: Plante des pieds brûlées au chalumeau, ils avaient affirmé avoir été tabassés au fer à béton, contraints à de longues nuits de veille et d'interrogatoire et subi des simulacres de noyade.


Les Méthodes fochivienne

Bibi Ngota, mais aussi Serge Sabouang et Robert Mintsa seront repris quelques jours plus tard, sur une lettre envoyée au procureur de la république par Laurent Esso, en même temps que Hervé Nko'o disparaîtra de la circulation jusqu'à ce jour.

Selon leur avocat, Me Nouga, «ces journalistes ont été arrêtés alors qu'ils ne faisaient que leur travail de critique des sources alors qu'ils tentaient d'obtenir une réaction de M Esso en rapport avec le document suspect dont ils étaient en possession».

Dans un communiqué publié il y une dizaine de jours, le Syndicat national des journalistes du Cameroun (SNJC) a condamné «les harcèlements judiciaires, les mauvais traitements, les arrestations et incarcérations de journalistes, actes qui ont pris de l'ampleur ces derniers mois à l'approche de l'élection résidentielle de 2011».


Santé

Il s'élevait également contre les multiples manœuvres d'intimidations perpétrées par les pouvoirs publics contre les journalistes, et appelait le gouvernement à engager une réflexion profonde en vue de la dépénalisation des délits de presse.

Reporters sans frontières a exprimé le 20 avril dernier sa vive inquiétude concernant l'état de santé le trois directeurs de publications, détenus à la prison de Kondengui, à Yaoundé, et avait même demandé leur libération immédiate.

"Les autorités savent que nous sommes innocents. Nous n'avons voulu faire que notre travail en joignant le faux document au protocole d'interview du ministre Esso. Il s'agissait uniquement de vérifier si le document était vrai. Aujourd'hui je croupis en prison pour coaction de faux en écriture" confiait Robert Mintsa, le 16 avril 2010, au correspondant de Reporters sans frontières au Cameroun.

"Il n'échappe à personne que ces journalistes sont privés de liberté en lieu et place du présumé coupable de l'infraction, connu des autorités judiciaires, mais qui n'a toujours pas été arrêté. Leur détention est non seulement injuste mais dangereuse. Emprisonnés dans des cellules collective avec des détenus de droits commun, les trois journalistes sont dans un état psychologique et physique extrêmement fragile. L'un d’eux souffre d'hypertension et d'asthme ", avait déclaré Reporters sans frontières.

"Si les autorités n'engagent aucune action au plus vite, leur état de santé risque de se dégrader considérablement et leur vie pourrait être mise en danger", avait en vain poursuivi l'organisation.


Torture

On peut se demander si l'approche de la présidentielle a rendu le pouvoir fébrile au point de convoquer les anciennes méthodes de Fochivé. Dans les cas de délit de presse, seule la justice doit être saisie. En lieu et place, c'est la police qui s'est occupée «d'exploiter» des pauvres journalistes jusqu'à ce qu'aujourd'hui mort s'en suive. Selon leur avocat, Me Nouga, «ces journalistes ont été arrêtés alors qu'ils ne faisaient que leur travail de recoupement des sources alors qu'ils tentaient d'obtenir une réaction de M Esso en rapport avec le document suspect dont ils étaient en possession».

Le président aussi avait été averti par les organisations syndicales. "Nous vous écrivons pour exprimer notre préoccupation face à une série d'arrestations, d'harcèlement, de poursuites en justice et même de mauvais traitement d'une douzaine de journalistes ayant soulevé des points sensibles sur des sujets d'intérêt public de l’actualité Camerounaise tels que la gestion des finances publiques, la conduite des enquêtes judiciaires de la campagne anti-corruption baptisée «Opération Epervier» et les problèmes des administrations locales".

"Nous vous convions à prendre des mesures pour promouvoir au Cameroun une véritable culture d'ouverture, de conduite transparente des affaires publiques, et de respect des droits fondamentaux, notamment à travers la promulgation d'une loi garantissant l'accès a l'information, le transfert des affaires de diffamation vers lés tribunaux civils, le contrôle de l'application des lois sur les médias, et l'amélioration de la situation Socio-économique de la presse privée."

"M. Le Président, nous vous exhortons à engager la responsabilité des membres du gouvernement et personnalités publiques impliquées dans l'instrumentalisation des forces de sécurité et du droit pénal pour régler des comptes avec leurs détracteurs dans la presse privée"

«Monsieur le Président de la République, nous pensons que les arrestations et les poursuites pénales de journalistes qui soulèvent des points sensibles sur des affaires d'intérêt public compromettent non seulement vos efforts destinés à éradiquer le fléau de corruption publique, mais aussi la confiance dans la primauté du droit et la démocratie au Cameroun. L'accès à l’information est consacré comme un droit fondamental de l'homme par les Nations Unies et soutenu par la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples. Nous vous convions donc d'initier une législation sur l'accès à l'information, et de veiller aussi à ce que les délits de presse soient déférés aux tribunaux civils. Ces mesures devront certainement êtres accompagnées par l'engagement de la responsabilité des membres du gouvernement et forces de sécurité sur leur conduite envers la presse, le contrôle de l'application des lois sur les médias, et l'amélioration de la situation socio- économique de la presse privée».

Toutes ces interpellations de l'opinion publique sont restées lettres mortes. Le pouvoir frappe aujourd'hui aveuglement les hommes des medias identifiés comme empêcheurs de tourner en rond. Le masque de Laurent Esso qui est à l'origine de cette tragédie est enfin tombé. Il doit répondre de sa cruauté au tribunal de l'histoire, a défaut de présenter sa démission face à ce scandale d'une autre époque.
 
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