Cameroun, un complexe de l'occident hélas très vivace ...

Publié le par Joel Didier ENGO

Lorsque le profane camerounais lira, comme le mentionne la Nouvelle Expression* (Quotidien Camerounais paraissant au Cameroun), je cite: "Cette interview est publiée ce jour même en Suisse et sera probablement disponible dès lundi au Cameroun...", il sera inévitablement impressionné; puisque le (demi) Dieu Paul BIYA ne parle pas aux Camerounais, séjourne rarement au Cameroun; et ne saurait logiquement accorder d'interview à la presse camerounaise.

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Le petit camerounais de Douala, Yaoundé, Garoua ou Bafoussam qui découvrira ainsi sa bonne parole dans les colonnes de la Nouvelle Expression sera forcément interpellé et devra penser que les Suisses (sinon tous les citoyens d'Europe et d'Occident) se sont précipités (comme lui) dans les kiosques à journaux de la Confédération pour découvrir les "confidences" distillées à doses homéopathiques dans un hebdomadaire africain (édité en Europe) par notre tyran bien aimé....Paul BIYA.

 

Il n'empêche, l'important est ailleurs...Il faut entrenir l'illusion d'un Président à vie du Cameroun avec résidence en Suisse, qui est soutenu et apprécié par la Suisse (donc les Occidentaux); même lorsqu'il s'avère incapable de citer la moindre avancée concrète en matière économique, sociale, sanitaire, démocratique réalisée dans son pays d'origine (le Cameroun) après 28 longues années de règne ininterrompu.

 

Oui pour Paul BIYA et sa cour, le complexe de l'occident (qui est d'abord sa marque de fabrique) doit suffir à lui-seul pour redorer son blason singulièrement terni dans un Cameroun qui agonise dans une épidemie de cholèra; et lui assurer un semblant de respectatabilité internationale là où précisément en Occident, personne n'accorde le moindre intêtêt à ses dires.

 

Alors petit contribuable du Cameroun, sois rassuré, Paul BIYA fait un très bon usage de tes impôts et lutte très efficacement contre la corruption dans ton pays, du haut de sa suite présidentielle de l'Hôtel intercontinental de Genève.

 

Vive Paul BIYA, Vive le Cameroun!!!

 

Joël Didier Engo

 

Cameroun : Succession, Opération Epervier, Paul Biya parle

  Voyages: Paul Biya de retour au pays ! 

Paul Biya est rentre au Cameroun ce Samedi 13 Novembre 2010 apres un long sejour a l'etranger.

Le Chef de l'Etat avait quitte le Cameroun le 21 Octobre dernier pour prendre part au Sommet de la Francophonie a Montreux en Suisse. Depuis la fin du Sommet, le Chef de l'Etat avait disparu de la circulation, laissant, d'abord, Philemon Yang, Premier Minsitre, presider la finale de la Coupe du Cameroun le 31 Octobre dernier et, ensuite, laissant les camerounais et autres supporters celebrer sans lui, ses 28 ans d'accession a la magistrature supreme.

France - Cameroun : Publicité et rétropublicité par ODILE TOBNER

http://www.camer.be/index1.php?art=12125&rub=6:1



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Le Chef de l’Etat en route pour le Sommet de la Francophonie

Le Président de la République, S.E.M. Paul BIYA, accompagné de Son Epouse, Madame Chantal BIYA, a quitté Yaoundé en fin de matinée du jeudi, 21 octobre 2010 à destination de Montreux en Suisse, où il participera au 13ème Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Organisation Internationale de la Francophonie, prévu du 22 au 24 octobre 2010 http://www.prc.cm/index_fr.php?link=le_mag/lecture_mag&id=456&lang=fr&pos=1…Lire

Dans une interview fleuve accordée à l’hebdomadaire panafricain Les Afriques, basé à Genève, Paul Biya, l’homme au verbe rare, s’est ouvert sur un grand nombre d’enjeux internationaux et locaux. Dans cette édition Hors-série de l’hebdomadaire, le chef de l’Etat camerounais parle de sa succession, le la lutte contre la corruption, des rapports avec la France, et de la gouvernance internationale.

Francophonie

Premier sujet d’échange, l’adhésion et l’activité de son pays au sein de la Francophonie, alors que le Cameroun est une nation ayant également hérité l’anglais de la période coloniale : « Le Cameroun a toujours œuvré dans le sens d’une dynamisation de l’organisation de la Francophonie qui porte des valeurs de diversité, de respect des différences et d’identité culturelle auxquelles nous sommes fondamentalement attachés. Naturellement, pour notre pays, qui comprend une multitude de  groupes linguistiques et qui, au fil de son histoire, a adopté le français et l’anglais, la Francophonie ne peut pas se résumer à la promotion, voire à la défense, d’une langue en particulier. Notre bilinguisme symbolise notre unité et constitue une grande richesse, une ouverture incontestable vers l’international. Le Commonwealth, par sa dimension, par son héritage historique, par le poids de ses membres les plus importants tels que le Royaume Uni, l’Inde, l’Afrique du Sud ou encore le Pakistan, cherche davantage à rapprocher les intérêts de tous ses membres.  Nous souhaitons que la Francophonie, tout en conservant ses valeurs culturelles qui sont précieuses, s’inscrive également dans une démarche de rapprochement économique de ses membres. »

Cinquantenaire
 
Son analyse, qui balaie les grands enjeux qui interpellent le Cameroun à l’occasion de son cinquantenaire, examine le parcours vers la construction d’une nation à partir d’une multitude d’ethnies, et d’héritages coloniaux. Un chemin difficile, dit-t-il : « L’un des plus grands défis auxquels nous avons été confrontés en accédant à l’indépendance, le 1er janvier 1960, était de construire une Nation camerounaise à partir de groupes de populations dont les différences étaient plus nombreuses que les ressemblances, et de réunifier le pays en 1961. Cinquante ans après, force est de constater qu’il existe aujourd’hui une Nation camerounaise. Grâce à notre génie intégrateur, nous avons transformé notre diversité socioculturelle en richesse. La formation de la Nation camerounaise est l’aboutissement d’un long processus qui est passé par la prise de conscience collective d’une histoire commune. Cette prise de conscience s’est renforcée au fil des décennies par des réalisations communes sur le grand chantier de l’édification de l’Etat et par des avancées significatives sur la scène internationale au plan sportif, diplomatique, culturel, etc. ».

Stabilité
 
Cette conscience d’appartenir à une même nation, d’avoir des destins liés semble, de l’avis du chez de l’Etat, reléguer au second plan certains sujets de tension, comme les penchants séditieux d’une partie de la population anglophone ou les risques d’instabilité liées aux perspectives floues de succession à la tête de l’Etat. Ces menaces, exposées récemment par l’Ong International Crisis Group, ne semblent pas ébranler la conviction de Paul Biya selon laquelle les Camerounais n’aiment pas la guerre et feraient tout pour s’en passer : « Je me dois de faire remarquer que, dans une Afrique souvent en proie à divers conflits, le Cameroun est l’un des pays du continent qui jouit d’une stabilité et d’une paix assez peu répandues. Ceci n’est pas le fait du hasard. Les Camerounais, dois-je le redire, sont profondément attachés à la paix et à la stabilité de leur pays ».

Succession
 
Concernant sa succession, Paul Biya exclut toute hypothèse de désordre et préfère s’en remettre au schéma institutionnel prévu par la constitution : « Mon devoir, en tant que chef de l’Etat, est de mettre en place et de renforcer les institutions qui permettent à la démocratie camerounaise de s’enraciner dans nos comportements. Les mécanismes de fonctionnement de cette démocratie sont prévus dans la Constitution, que ce soit en ce qui concerne l’élection du président de la République ou la succession à la tête de l’Etat en cas de vacance du pouvoir. Nous comptons sur la maturité des Camerounais – et ils en ont fait preuve lorsque nécessaire – pour respecter l’esprit et la lettre de nos institutions. »

La corruption
 
Si, au cours de cette interview, le président semble peu disert sur certains sujets, il s’épanche longuement, en revanche, sur la lutte contre la corruption. Pour lui, les grands bandits à col blanc et les rackets de petits fonctionnaires représentent des dangers à combattre avec la même énergie : « Que ce soit la grande ou la petite corruption, le résultat est le même. La corruption nuit à l’économie et prive les Etats d’importantes ressources qui pourraient leur permettre de faire face à leurs missions. Les sanctions sont régulièrement prises dans l’Administration contre ceux qui se rendent coupables de pratiques de corruption ou de fraude. Mais le mal est profond. C’est pourquoi, à la répression nous associons la sensibilisation, à travers les campagnes de communication des différentes structures de lutte contre la corruption que nous avons créées, à l’instar de la Commission nationale de lutte anti-corruption (CONAC), de l’Agence nationale d’investigation financière (ANIF), de la Chambre des comptes, etc.  (…) Les associations de la société civile font aussi un travail appréciable. Et je dois dire que les premiers résultats obtenus dans cette croisade contre la corruption sont plutôt encourageants. Nous continuerons dans cette voie. Dans ce contexte, la portée de notre action va bien au-delà du détournement des deniers publics. Compris sous cet angle, les effets dévastateurs de la corruption deviennent plus évidents dans différents domaines, notamment la surfacturation  des marchés, les retards dans l’exécution des projets  etc. Tout cela mine la crédibilité d’un pays aux yeux des investisseurs, paralyse le bon fonctionnement des marchés, crée une insécurité qui accroit le coût des crédits et les exigences des investisseurs. En réalité, le coût socio-économique de ces comportements est énorme ».

L’opération Epervier
 
A ceux qui voient des manœuvres politiques derrière l’emprisonnement de certains hauts dignitaires qui seraient ainsi sanctionnés pour leurs ambitions politiques, Paul Biya assure que « la lutte contre la corruption est l’un des axes majeurs de notre politique de redressement et de relance de l’économie camerounaise. Nous n’avons pas d’autres motivations. Je dois d’ailleurs vous rappeler que dès mon accession à la magistrature suprême de mon pays, j’avais inscrit le diptyque Rigueur et moralisation au centre de mon action. J’avais à l’époque, mis en garde mes compatriotes contre la mauvaise gestion et le détournement de la fortune publique. L’opération Epervier que vous évoquez est donc la suite logique de cette politique de rigueur et de moralisation. Qu’on ne nous prête pas d’autres intentions. D’ailleurs, nous demandons aux amis du Cameroun de nous aider dans ce combat de longue haleine ».
 
Même si, dans la pratique, le président semble privilégier les personnes d’un certain âge quand il choisit ses collaborateurs, il n’en reste pas moins sensible aux discours comme ceux d’Ali Bongo qui invite à une plus grande responsabilisation des jeunes. C’est d’ailleurs pour lui, une grande responsabilité pour le Cameroun qui assume un leadership de fait dans la région : « Parmi les préoccupations qui ont le plus retenu mon attention dans le message du Président Ali Bongo Ondimba lors de la conférence « Africa 21», il y a la préparation de notre jeunesse à relever les défis de ce siècle et le renforcement de l’intégration de notre sous-région. Quand vous réalisez que plus de 70% de la population d’Afrique centrale à moins de 25 ans, vous saisissez en même temps la pertinence des propos du Président Bongo ».
 
Dans le contexte actuel où la diversification des relations de coopération économique est recherchée par tous les pays en développement, le chef de l’Etat ne néglige pas l’apport décisif de la France qui reste, historiquement, le partenaire économique de premier plan du Cameroun : « Il existe des liens particuliers, culturels et économiques, entre la France et les pays africains francophones, mais ce ne sont plus des liens exclusifs, ni dans un sens, ni dans l’autre. La France développe des échanges croissants avec les pays africains non-francophones. Et, dans le même temps, les pays africains francophones diversifient leurs partenariats internationaux. Nous nous félicitons également de la nouvelle dimension donnée à la relation France-Afrique à Nice. En effet, pour la première fois, aux côtés des Chefs d’Etats, les investisseurs d’Afrique et de France se sont retrouvés pour examiner les opportunités d’affaires. Cette évolution est favorable aux échanges et porteuse de croissance. (…) Notre pays a besoin de mobiliser tous ses partenaires pour réussir son décollage économique et se hisser dans les prochaines années parmi les nations émergentes. Je dois également signaler la part croissante prise par notre diaspora établie en France dans le développement de nos échanges économiques », insiste Paul Biya
 
Sur le plan de la coopération avec les pays émergents en matière minière, et des chances de prospérité de l’Afrique sur la base de l’exploitation minière, Paul Biya se montre plutôt circonspect estimant qu’« il faut être conscient que la disponibilité de ressources minières ne vous en assure pas automatiquement le bénéfice, si vous ne vous organisez pas pour transformer les revenus issus de l’exploitation d’une rente minière épuisable en sources de revenus pérennes ».
 
Viennent alors les questions internationales. Sur les sujets concernant la place de l’Afrique dans les instances internationales et l’éthique qui doit rester présente dans les opérations des grandes places financières internationales. Paul Biya rappelle : « Lors de mon intervention à la Tribune de la 64e Assemblée générale des Nations Unies en septembre 2009, j’avais indiqué que c’est bien une conjonction de dérives morales et de graves entorses à l’éthique qui se trouvent à l’origine de la grave crise financière actuelle que connaît le monde. J’avais préconisé, au cours de l’Assemblée générale de l’Onu en septembre 2000, donc bien avant cette crise, la création, au sein du Secrétariat Général des Nations Unies, d’un Comité ou d’un observatoire international d’éthique, chargé précisément de promouvoir entre les nations et à l’intérieur de celles-ci, les valeurs humaines fondamentales universelles. Il me semble que ce plaidoyer est toujours d’actualité. Car, dans le monde d’aujourd’hui qui a tendance à reléguer l’Homme au second plan, nous nous devons de relever le défi des valeurs éthiques. Si la mondialisation ne s’accompagne pas d’un nouvel ordre moral, si elle manque de ce supplément d’âme que constitue la solidarité entre les nations et les peuples, elle risque de mettre en danger la paix si chère à notre temps ».
 
Cette interview est publiée ce jour même en Suisse et sera probablement disponible dès lundi au Cameroun.

© La Nouvelle Expression : François Bambou
Paru le Jeudi 21-10-2010

 

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Ayité pauline 27/10/2010 10:52



Haoouh ! j’ai lu l’interview de Biya reprise par le quotidien local La Nouvelle Expression. C’était
splendide et merveilleux, c’est ce qu’on attend de notre président, qu’il nous parle régulièrement ! C’est un bon début, tout en espérant que ça continue, malgré ta perception éhontée et
travestie @joel Didier, c'est décevant!