Cameroun: une démission ministérielle salutaire

Publié le par Joel Didier ENGO

alt La démission du Ministre délégué à la Justice du Cameroun, le Professeur en Droit Maurice Kamto suscite de nombreuses interrogations et interprétations très perplexes chez ses compatriotes, dans un pays où faut-il rappeler, la grâce comme la disgrâce de toute espèce vivante relèvent de la seule volonté de Paul BIYA.

 

En effet après 30 années de dictature avilissante, nombre de Camerounais de la diaspora comme de l’intérieur ont presque fini par perdre de vue qu’ils pouvaient individuellement (en acceptant parfois d’en payer le prix fort: la prison, la mort ou l’exil) se défaire des chaînes de l’obscurantisme en reprenant le contrôle de leurs vies respectives, bien à l’abri de l’asservissement alimentaire dans lequel les maintient Paul BIYA au Cameroun.

 

Malgré les risques encourus, Maurice Kamto vient de franchir le pas…Qu’il en soit remercié


Car eu égard à ses motivations réelles ou supposées, sa démission a d’abord le mérite de venir désacraliser les décrets de Paul BIYA, et de leur ôter toute valeur messianique; précisément au moment où nombre de ses (anciens) collègues du Gouvernement ont perdu le sommeil, à force de consulter marabouts et charlatans pour pénétrer les voies (ministérielles) du dieu camerounais.


Dans un tel immobilisme triomphant, la démission ministérielle et l’indépendance intellectuelle (quand elles sont ouvertement assumées) représentent les plus graves affronts faits au dictateur. Parce qu’elles signifient qu’il demeure un homme, donc n’ayant pas une totale maîtrise sur le destin de chacun. En dépit de sa toute puissance bien sûr…

 

Je vous remercie

 

Par Joel Didier Engo

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