Ferdinand Léopold OYONO, le "vieux nègre" a tiré sa révérence...

Publié le par Joel Didier ENGO

 

Un homme de lettres, un aîné, vient de nous quitter au Cameroun. Nous avons l'obligation morale de nous incliner devant sa mémoire.

Cependant, comment ne pas plaindre ces «grands hommes» camerounais, devenus de véritables monstres pour leur peuple, et qui achèvent leurs existences terrestres dans la plus extrême décrépitude intellectuelle et morale.

 

On peut et on se doit de respecter leur deuil, mais on a aussi le droit de leur exprimer tout le dégoût, voire tout le mépris qu'ils ont pu nous inspirer à des moments précis de leurs vies. Car l'homme politique Ferdinand OYONO se savait forcément immortel, lorsqu'un jour du 03 septembre 1999, il envoyait son protégé (le député Jean Jacques Zam) porter ce message à Pierre Désiré Engo de sa nouvelle cellule du mouroir de Kodengui:

 

"à la ta place, je me suiciderais immédiatement. Car jamais tu ne recouvreras la liberté, tant que nous (Paul BIYA et moi) serons au pouvoir".

 

Le sort en a décidé autrement, 11 années après.

 

Souhaitons qu'il se montre bien plus clément à l'égard du Cameroun , en le libérant définitivement de l'emprise diabolique de toute cette vermine de grabataires et gérontocrates scotchés au Pouvoir.

Leopold Ferdinand OYONO mis en terre à Ngoazip 1 comme il a vécu: dans le désintérêt de ses frères.

 

"...Le peu d'intérêt accordé à nous par notre frère, ne nous autorise pas à aller plus loin" , dixit Bilongo Ernest, natif de Ngoazip 1

Loin de moi toute idée de m'en réjouir, mais on ne peut pas indéfiniment prospérer par le mensonge d'Etat, jusqu'à ses obsèques.

Hier en découvrant les informations sur ces émeutes d'Ebolowa (ville ô combien pacifique et tolérante) , je n'ai pas pu m'empêcher de songer à la triste coincidence entre les funérailles d'un Homme de lettres qui a régné par la division, l'intrigue de palais et le tribalisme exacerbé; avec l'affrontement ethnique dans une ville connue jusqu'ici au Cameroun pour sa mixité ethnique et culturelle.

Ferdinand Léopold OYONO a été enterré à Ngoazip 1 comme il a vécu: dans le désintérêt de ses frères, auxquels il n'a jamais témoigné la moindre attention; et la haine véhiculée par son mépris de l'autre; principalement toutes celles et tous ceux qui étaient perçus comme (in)différents, soit du fait de leur origine ethnique, sociale, soit du fait de leurs mérites ou parcours intrinsèques.

Comble d'ironie, la piste cacaoyère qui mène à
Nkolandom chez sa Majesté le Professeur Jacques Fame NDONGO n'est pas mieux lotie que celle de Ngaozip 1 (village où repose désormais l'illustre Ferdinand Léopold OYONO).

Sans plaider pour un repli régional ou tribal en république, il est quand même symptomatique pour des hommes qui passent le clair de leur temps à snober leurs concitoyens du haut de leurs strapontins ministériels à Yaoundé, de constater qu'ils ont été incapables d'apporter la moindre amélioration en terme d'infrastructures dans leurs régions d'origine , au bout de 28 années passées dans les plus hautes sphères de la République du Cameroun.

La logique voudrait que Paul BIYA leur attribue des concessions dans son cimetière familiale de M'vomeka'a (son village natal). C'est la faveur qu'un maître accorde toujours à ses esclaves au moment où ils décèdent.

Car ces hommes foncièrement tribalistes et méprisant, n'ont simplement pas leur place parmi les humains de toutes conditions et origines d'Ebolowa.

Voilà la stricte vérité.

Joël Didier Engo

 

Nécrologie: Paul Biya n’ira pas aux obsèques de Ferdinand Léopold Oyono

 

Après les émeutes d’Ebolowa: Le silence suspect des élites politiques (Journal Le Messager)

 

Conflits interethniques au Cameroun: Après les Bamoums à Ebolowa, à qui le tour ?
 
  Décès de Ferdinand L. Oyono: Les populations boycottent les obsèques à Ngoazip 1


Ferdinand_Leopold_Oyono_le_14_janvier_1993_a_Paris_photo_.jpg  

 

QUI ÉTAIT LÉOPOLD FERDINAND OYONO?

 

Ferdinand Léopold Oyono: Le "boy" le plus célèbre du Cameroun s’éteint à 81 ans !


 L’écrivain, politique et humaniste camerounais s’en est allé. Vctime d’un malaise, non encore élucidé, l’auteur de «Vie de boy», «Le vieux nègre et la médaille» et de «Chemin d’Europe» quitte ce monde, au bout d'une longue vie somme toute exaltante. Le Cameroun vient de perdre là un de ses illustres fils.

C'est presqu'une décennie après la fin de la première guerre mondiale que voit le jour Ferdinand Léopold Oyono, le 14 septembre 1929 à Ngoulemakong dans la lignée Mvog Zang alors que ses camarades et amis d'enfance l'ont pourtant cru Bene. Fils de Jean Oyono Etoa de la famille Mvog Akoa, son enfance passée à Ebolowa a fait croire qu'il était Boulou. Et pourtant, Ferdinand L. Oyono est un Fong de Ngoazip I, ce clan isolé entre les Bulu et les Mvog Belinga, leurs compagnons d'échappée vers la mer. Descendant d'une haute lignée dans sa famille Fong, Ferdinand Oyono avait pour grand-oncle un homme illustre entre tous et dont le nom sert d'exclamation proverbiale chez tous les Fong: Oyono Etoa Mekong. Du côté maternel, il était le rejeton de Dame Mvodo Belinga Agnès (fille de Belonga Ekodo, chef supérieur Bene dont la chefferie, héréditaire se perpétue encore à son siège, Ngoulemakong.). C'est principalement aux côtés de sa mère, que le petit Ferdinand passera son enfance au Cameroun. Ce qui laissera croire qu’il est Bene.

De Yaoundé à Nkongsamba


Inscrit à l'école officielle régionale d'Ebolowa, ce n’est qu’en 1944 que Ferdinand L. Oyono se présente à l'examen du Cepe où il est reçu 2e du centre d'Ebolowa. Il intègrera la section administrative de l'Ecole Primaire Supérieure de Yaoundé en 1946 où il aura comme camarade un autre grand commis d’Etat, Koungou Edima, entre autres. Transféré au Lycée de Nkongsamba, comme tous ceux issus de l’Ecole Supérieure de Yaoundé, il n’est pas reçu à l’examen de Brevet Elémentaire. Dépité, son père s'impose le lourd sacrifice de l'envoyer continuer ses études en France à ses frais; une éventualité assez rare mais possible pour une certaine catégorie de fonctionnaires. Déjà fort en thème en « français », Ferdinand L. Oyono prépare un roman dont lui-même n'imagine pas le succès qu'il connaîtra. Dans l'oeuvre intitulé "Le vieux nègre et la médaille", qui fait allusion à la colonisation, l'auteur apporte un démenti abondamment illustré qui se présente comme un acte d'accusation, contre tous ceux qui voient en elle une œuvre de civilisation, de bienfaisance. Ferdinand Oyono pense que pour juger la colonisation il faut y vivre; c'est pourquoi dans son tout premier roman tout comme dans celui intitulé "Une vie de boy", il fait participer le lecteur à la vie coloniale. On découvre que la politique coloniale est fondée sur le mensonge ou la violence injuste, parfois sur l'égoïsme ou la jalousie mesquine. Mais avant cela, il y eut tout un pacours.


La France

C'est en août 1950 que Ferdinand Oyono prend le chemin de l'Europe, plus particulièrement de Provins en France. Une nouvelle phase de sa formation est entamée, semée d'aventures et d'incidents que tout étudiant noir en France a connu surtout en cette période de la colonisation. Il achève son cycle secondaire par l'obtention du Baccalauréat moderne de Philosophie .Ce succès au Baccalauréat en 1954 lui ouvre les portes des études supérieures à la Faculté de Droit et de Sciences Economiques de Paris Sorbonne. Paris et la Sorbonne étaient outre des lieux d'études de droit, de sciences politiques et économiques, ceux de nombreuses et enrichissantes rencontres et fréquentations. Ferdinand Oyono a comme proches Camara Laye, Alexandre Biyidi (Mongo Beti), François Sengat Kuo, William Aurélien Eteki Mboumoua, pour ne citer que ceux-là. L'une des principales fréquentations de Ferdinand Oyono est l'écrivain camerounais et camarade Mongo Beti avec lequel il s'entend beaucoup. Même si au cours des dernières années, ce ne fut plus la grande amitié, selon des proches des deux écrivains.

Entre temps, Ferdinand L. Oyono entreprend le Cycle d'études sur l'économie du développement au Collège de France. Licencié en 1957, il se converti en qualité de chercheur à l'Orstom de Paris. C'est le statut qu’il présente avant la date du 15 septembre 1959, juste avant la signature de l'arrêté du premier ministre Ahmadou Ahidjo, portant désignation de trois camerounais à effectuer un stage de formation diplomatique de six mois, au ministère des affaires étrangères du Gouvernement de la République française à Paris et dans les missions diplomatiques françaises à l'étranger. Ferdinand OYono se rendra donc respectivement au Quai d' Orsay, au consulat Général de France à Gênes en Italie, enfin à l'Ambassade de France en Italie pour ces stages. C'est l'occasion pour lui de s'imprégner des réalités et surtout des canons qui régissent la profession de diplomate. Le 19 juin de la même année au Cameroun, on note un changement dans la situation administrative et politique. En effet, la loi-cadre fait évoluer le statut politique du Cameroun en accordant à ce pays la possibilité de devenir un territoire autonome. Elle accorde aussi le suffrage universel à tous les Camerounais adultes. Il s’agt là d’un tournant important dans la formation intellectuelle de Ferdinand Oyono.


L’année 1956

Devenu plus discret et conscient. Il se distingue par ses prises de position contre la colonisation. Nul n'imagine cet étudiant discret et courageux être l'auteur de deux livres en ce moment là. En effet, le monde entier découvre un jeune romancier camerounais au grand talent : Ferdinand Oyono publie en 1956, en l'espace d'un mois, ses deux chefs d'œuvres littéraires commencés au Cameroun : Une Vie de boy et Le Vieux nègre et la médaille. Ces romans mettent en scène des blancs en régime colonial. Il y décrit avec cet humour qui lui est propre et dans un style sans complaisance certains abus de la colonisation. Ce qui fera dire à Philippe Gaillard : "...tableaux de la vie du colonisé, les romans d'Oyono sont des réquisitoires contre la double oppression de l'administration et des missions égayées par les astuces des indigènes pour tromper le blanc...".

Cette époque est marquée en France par des problèmes sociaux et politiques, notamment la guerre d'Algérie… Parallèlement, dans son pays d'origine, le Cameroun, une évolution décisive s'accomplit lentement et douloureusement au cours des mêmes années ; la pression des syndicats, la création des partis politiques et l'affirmation de ces derniers à l'instar de l'Union des populations du Cameroun (U.P.C) de Um Nyobe. 1956 marque les premières années de la décolonisation, une période transitoire où F.L. Oyono, bien qu'étant loin du Cameroun, suit les ténors du moment échanger des arguments pour ou contre l'indépendance. À cette époque, il ne trouve pas nécessaire de s'engager dans la lutte politique comme son camarade et ami Mongo Beti qui déclare à propos : « ...On ne parlait pas de politique Oyono et moi, on était copains... ».Cette solide formation constituera des batteries solides sur le chemin de l’exercice du métier d’homme.


F. L. Oyono : un camerounais de son époque

Le parcours politique de Ferdinand Oyono révèle la richesse d’une personnalité résolument engagée au sein de son Parti le Rdpc et dans la construction de la politique intérieure et extérieure du pays dans son ensemble. Sur le plan externe sa carrière plaide pour lui. Il a été un diplomate remarqué et remarquable. Une carrière riche et pleine qui l’a conduit de Bruxelles à Vienne en passant par le Libéria, les Etats-Unis, etc… (1)

Sur le plan interne, Ferdinand Léopold Oyono ne s’est pas contenté de son rôle de technocrate. Ecrivain politique engagé à l’époque coloniale, le diplomate est aussi un militant, un cadre du Rdpc. Sa présence constante dans les instances pensantes et dirigeantes de la politique intérieure du Cameroun ne saurait être réduite au silence. Il a été de tous les congrès dont ceux de Juin 1990 et de Décembre 1996, mais aussi de toutes les campagnes électorales, notamment en tant que président de la commission départementale de la Mvila. Pour l’anecdote, il a été jusqu’à mettre son talent littéraire au service de son « militantisme lucide » disaitil, en composant un poème de célébration du parti et de son président national intitulé "Hymne RDPC du Sud".

L’humaniste Ferdinand Léopod Oyono, marié, père de trois enfants, était Grand Officier de l’Ordre de la Valeur du Cameroun. Son parcours personnel et professionnel ui ont aussi valu de nombreuses distinctios honorifiques internationales dont celle de Grand Officier de la légion d’Honneur en France.



(1)Parcours Professionnel

 
1962 : Ministre plénipotentiaire auprès des communautés Economiques Européennes à Bruxelles
1963-1965: Ambassadeur Cameroun au Libéria ; membre de la délégation du Cameroun au sommet constitutif de l’OUA 1963.
1965-1968: Ambassadeur du Cameroun dans les pays du Benelux et auprès des communautés européennes
1969-1974: Ambassadeur Représentant permanent du Cameroun au Nations Unies ;Vice président du conseil de sécurité de L’ONU ;Vice président de l’assemblée général des nations unies; Président du Conseil d’Administration de l’UNICEF; Président de la commission politique à la commission des ministres des affaires étrangères des pays non alignés à Lima (Pérou); Rapporteur général de la même conférence à Colombe(Sri Lanka); Président du conseil des Nations Unies pour la Namibie; élu président de la première Commission des Questions de désarmement et de la sécurité internationale.
1984: Ambassadeur du Cameroun en Grande Brétagne et dans les pays scandinaves.
1985-1987: Secrétaire général de la Présidence de la république du Cameroun.
1987-1990: Ministre chargé de l’urbanisme et de l’habitat du Cameroun.
1992 : Ministre des relations extérieures du Cameroun.
1993 : Vice président de la conférence des Droits de l’Homme à Viennes.
1996 : Président du Conseil des Ministres de l’OUA.
1997 : Ministre d'état Ministre de la Culture.
2009 : Ambassadeur itinérant à la présidence de la république du cameroun.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

anonyme 20/08/2010 17:25



Pauvre de vous, miserable homme. j'avais prévu de me répandre en invectives à la lecture de votre article mais, cela serait vous donner trop de valeur. Qui êtes vous? Surement pas un homme ayant
la carrure, la sagesse, la prestance et qui n'atteindra j'en suis sure pas l'âge de 81. Mensonges et balivernes sont les mots qui qualifient le mieux la qualité de votre article, une presse
de caniveau. toute l'afrique put voir à la télé le majestueux château dans lequel fût enterré le vieux nègre, le fabuleux domaine de nkol abatoé, une merveille sortie de la roche, un bijou en
pleine forêt équatoriale. Ce qui m'amuse avec vous, camerounais, c'est que vous chantez à tue tête que vous êtes opprimés et que vous ne pouvez exploiter votre talent. Mais lorsqu'un homme comme
oyono apparait et vous montre que tout ce qui vous manque est l'intelligence, vous essayez de le casser, jaloux de lui. Grand officier de l'odre de la légion d'honneur, chevalier de l'ordre des
arts et des lettres décoré par malraux, en 2007 prix descerné par l'université de harvard, pour ne citer que cela. Sa mort fût à l'image de sa vie: grandiose, il fit son adieux devant le sg de
l'onu. Et vous quel est votre cursus? laissez moi devineR vous êtes surement un expatrié, déraciné cultureL qui critique son pays sans n'avoir jamais rien entamé. Vous voulez un conseil? Mettez
votre imagination au service de l'écriture de romans pour enfants ET allez vous instruire. Au lieu de salir sa mémoire allez construire l'afrique.


ALLEZ CIAZO