Le Cameroun c’est le Cameroun, la Tunisie la Tunisie…biensûr!

Publié le par Joel Didier ENGO

Le plus marrant et vraisemblablement le plus pathétique aussi, dans les dictatures crapuleuses et sanguinaires d’Afrique, est d’observer les trésors de précaution et d’auto-censure que s’infligent (parfois d’eux-mêmes) certains journalistes pour dédouaner ces régimes immondes qui les asservissent…
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Estimer qu’un tyran, Paul BIYA (78 ans, 28 ans de règne sans partage) qui sillonne la planète avec des mallettes d’argent du trésor public camerounais; ne concède aucune transparence dans la gestion des revenus pétroliers de son pays, séjourne la moitié de l’année dans sa suite présidentielle de l’hôtel intercontinental de Genève; ne se prive jamais de brandir des millions d’euros et dollars à Paris, New York…, y compris pour ravitailler en kérosène l’aéronef qui le transporte (sources Wikileaks)…Prétendre en effet que ledit petit timonier de Meyomessala (du nom de son village natal, transformé en Présidence-bis du Cameroun) n’a point la même conception uniquement patrimoniale et personnelle de l’Etat que le Céaucescu des sables Zine al-Abidine ben Ali et l’ex-coiffeuse devenue première dame de Tunisie Leila Trabelsi (qui se seraient enfuis du palais de Carthage après avoir amassé une fortune estimée à 5 milliards de dollars américains)…est une véritable insulte faite à l’intelligence collective par une certaine presse Camerounaise.

 

D’ailleurs rien d’étonnant à cela !


Car comme sous la dictature de Ben ALI en Tunisie, certains trouveront toujours des circonstances atténuantes à l’incurie chronique de Paul BIYA et son ex-serveuse Chantal (la Première Dame à la crinière modulable); du moins tant que ces derniers sauront se maintenir par tous les moyens (criminels) à la Présidence du Cameroun. Mais du jour où le contrôle de cette forteresse viendrait à leur échapper, les détracteurs se recruteront aussitôt à l’appel (dans la presse camerounaise comme dans les principaux soutiens officiels français, internationaux…) pour pourfendre ces horribles personnages et leur mafia familiale.

 

Pourtant contrairement à Paul BIYA, Ben ALI pourrait encore se targuer de n’avoir jamais fait l’objet de la moindre information préliminaire sur sa fortune supposée mal acquise en France; jusqu’à ce que Nicolas Sarkozy, François Fillon, Christine Lagarde et ses amis du Gouvernement français réunis pour la circonstance à l’Elysée…le soupçonnent de mouvements financiers suspects, et s’opposent à son arrivée à Paris, avec les honneurs dus à un “grand serviteur de la France officielle“.

 

Dieu merci, ainsi sont puis s’en vont les Dictateurs et leurs proches! si habités et aveuglés par cette infinie puissance qui les empêche de voir et de comprendre pourquoi leurs alter ego peuvent être renversés par des insurrections populaires, devenant aussitôt encombrants pour les démocrates du Monde entier.

 

Chantal et Paul BIYA ne sauraient évidemment connaître les mêmes affres de la fuite que Leila et Ben ALI, contraints par le peuple révolté de quitter précipitamment leur Tunisie. Et comme se plaît si souvent à répéter Paul BIYA «Le Cameroun c’est le Cameroun». La Tunisie ne devrait aussi qu’être la Tunisie, dans sa marche solitaire et glorieuse vers la démocratie.

 

Joël Didier Engo

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