Presse: l'effroyable hécatombe camerounaise

Publié le par Joel Didier ENGO

Paul Biya

 

Au moment où le monde commémore la Journée de la Liberté de la Presse, je ne peux m'empêcher d'avoir une pensée émue et un regard critique sur le terrible destin du journaliste camerounais.

 

Car mon pays d'origine est certainement aujourd'hui, avec les dictatures birmane, nord-coréenne, cubaine et j'en passe..., celui qui a le «mieux» perverti la noblesse du journalisme, au point de faire du Journaliste camerounais un mendiant professionnel, à qui est assigné la mission (première) de désinformer l'opinion nationale et. internationale pour le compte ou au service de la dictature en place; et non d'informer.

 

A cet égard, nous pourrons encore et toujours (et à juste titre), rivaliser en indignations unanimes, en dénonciations en tous genres, en condamnations à l'encontre des inconcevables délits de presse, des inacceptables violations des droits humains, des sordides meurtres de journalistes... perpétrés à répétition (en toute impunité) au Cameroun par le régime de Paul BIYA. Il nous faudra aussi, le moment venu, aller à la racine du mal, comprendre comment l'asservissement organisé du Journaliste camerounais a progressivement signé son arrêt de mort (professionnelle et physique).

 

Car il s'agit bel et bien aujourd'hui d'une hécatombe, dont on ne voit d'ailleurs pas le terme.

 

En effet, il ne se passe pas de semaine sans que nous ne soyons sensibilisés sur les poursuites judiciaires, les arrestations arbitraires, les condamnations pénales (toujours plus lourdes), les incarcérations, puis les meurtres de journalistes camerounais dans les mouroirs (que sont les prisons) du dictateur Paul BIYA. On peut d'ailleurs craindre que la liste macabre ne continue de s'allonger, à mesure que les camerounais se rapprocheront des élections présidentielles de 2011 qui doivent, comme le veut la tyrannie en place, n'être qu'une simple formalité (forcément paisible) dans la lente institutionnalisation de la présidence à vie au Cameroun.

 

Voilà planté le décor politique dans lequel devra évoluer le journaliste camerounais dans les prochains mois. Et nous aurions tort en occident, de penser que l'existence d'une presse dite privée à côté d'une presse publique (officielle) constitue en soi la Garantie (démocratique) pour la Liberté de la Presse. Au contraire dans ce pays, l'autonomie de la presse, comme le pluraliste de l'information, sont d'abord (sinon uniquement) des leurres formels destinés à amadouer les interlocuteurs étrangers.

 

Fondamentalement l'Homme de presse au Cameroun est aussi un Homme du Pouvoir.

 

Car le journaliste au Cameroun vit et doit son existence (professionnelle et physique) au régime dictatorial en place, qui est progressivement passé maître dans l'art d'agiter la carotte de l'autorisation administrative et du financement public, ou le bâton de la repression systématique (fiscale, policière ou carcérale), suivant l'unique agenda présidentiel. On a ainsi pu voir, et de manière tout à fait naturelle, des journalistes dits indépendants continuer à émarger à la fonction publique, servir (sans le moindre remords) d'éclaireurs des bonnes âmes camerounaises; être de fidèles caisses de résonance des campagnes d'endoctrinement des masses, relayer assidûment les manœuvres de diversion politicienne et les purges carcérales politiques orchestrées régulièrement par le dictateur Paul BIYA, lorsqu'il rencontre des difficultés (d'ordre économique, international, avec la diaspora camerounaise à l'étranger...).

 

C'est précisément cette proximité ou cette servitude malsaine (pas souvent assumée) de la presse camerounaise vis-à-vis de la tyrannie en place au Cameroun (depuis 28 longues années), qui a fait le lit de l'hécatombe dans la presse de ce pays. Car plus que toute autre profession, «l'encombrant» Journaliste indépendant qui a le devoir d'informer en toute objectivité, ne peut indéfiniment s'accommoder de la disinformation (officielle), au risque de nourrir l'arrogance meurtrière d'un tyran qui sait s'en débarrasser quand et comme il veut..

 

Le Journaliste est en cela logé à la même enseigne que tout autre citoyen au Cameroun: il est un prisonnier ou un mort en suspens.

 

Malheureusement!

 

Joël Didier Engo

 

 

Etats-Unis / Cameroun

Le journaliste opposant camerounais Pius Njawé tué dans un accident de la route aux Etats-Unis (Rfi)

 

http://www.rfi.fr/afrique/20100713-le-journaliste-opposant-camerounais-pius-njawe-tue-accident-route-etats-unis

 

Affaire Bibi NGOTA, journaliste mort en prison

Décès de Bibi Ngota :Les tortionnaires passibles de poursuites

 

Journee mondiale de la liberte de la presse: Une pluie de matraques en lieu et place de la dépénalisation attendue


 Manifestation des journalistes à Yaoundé le 3 Mai 2010 à l’occasion de la journée internationale de la liberté de la presse.


Liberté de la Presse: Des Journalistes molestés à Yaoundé !


Par Gregoire Owona
Lettre ouverte à la presse nationale Camerounaise: Bas les masques

 

Ma réponse à Grégoire Owona
Monsieur le ministre, Monsieur le secrétaire général adjoint du Rdpc,
Par Alain Blaise Batongué
Mutations 04 mai 2010

 

 Lettre ouverte : Au bal masqué avec Grégoire Owona

 

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