Corruption endémique au Cameroun, le Lampiste de l'Année se nomme Zacchaëus Forjindam

Publié le par Joel Didier ENGO

Au Cameroun, il ne faut surtout pas changer une méthode qui réussit si bien au régime en place: la diversion politique comme modèle de lutte contre la corruption.


 

Les indices de perception de la corruption les plus alarmants peuvent ainsi se succéder sans discontinuer depuis 15 années, plaçant toujours le pays de Paul BIYA dans le peloton de queue des États les plus corrompus du monde et d'Afrique. Cela n'y change fondamentalement rien à sa propagande officielle, à sa rhétorique bien huilée sur la condamnation puis l'incarcération à vie de corrompus désignés.

Car la diversion institutionnalisée est la seule réponse que puisse raisonnablement offrir une dictature qui ne souhaite nullement endiguer la corruption sur laquelle il prospère depuis 28 longues années. Et à bien y penser, le fait de livrer de la sorte à la vindicte populaire et à transparency international les têtes de quelques lampistes soigneusement désignés,.constitue l'unique moyen que dispose Paul BIYA pour détourner les regards inquisiteurs de la communauté internationale sur sa mauvaise gouvernance chronique.

Personne ne pourrait le lui reprocher...ni à fortiori être dupe de la manœuvre.

Sur cette lancée, le lampiste du 20 octobre 2010 au Cameroun se nomme Zacchaëus Forjindam.


Seul ingénieur naval connu au Cameroun, monsieur Forjindam a présidé pendant 20 années aux destinées de l'unique entreprise chargée des constructions navales dans ce pays (Le Chantier naval et industriel du Cameroun, communément appelé C.N.I.C), dont il a d'ailleurs contribué à la création.

Jusqu'à son limogeage lors d'un conseil d'administration réunie en session extraordinaire le 07 mai 2008, suivi de son incarcération immédiate, la CNIC sous Zacchaëus Forjindam réussissait la prouesse (dans une économie sinistrée) d'être une entreprise navale prospère et florissante, qui dégageait un chiffre d'affaire de 40 milliards de FCFA (retombé depuis à moins de 10 milliards); d'offrir des milliers d'emplois aux Camerounais venus de toutes les régions; et même d'entrevoir un avenir radieux grâce à un carnet de commande plutôt bien rempli, et au lancement des travaux de construction du Yard Pétrolier de Limbé (YPL) sur la côte maritime camerounaise (en zone ouest-anglophone).

Travail de titan s'il en est, mais désormais éclaboussé par une véritable chasse aux sorcières systématiquement menée contre les meilleurs d'un système d'essence crapuleuse et mafieuse.

Le nom de Zacchaëus Forjindam vient se rajouter à la longue liste des hommes politiques et managers compétents camerounais qui croupissent à vie dans les geôles infâmes de Paul BIYA au Cameroun, souvent sous le coup d'accusations grotesques et fantaisistes, des luttes fratricides de positionnement, des simulacres de procès qui sont le lot d'un régime dictatorial à bout de souffle, d'un système profondément crapuleux et mafieux.

Ainsi à l'emprisonnement à vie du professeur Titus EDZOA (agrégé en médecine, ancien secrétaire général et candidat à la Présidence de la République du Cameroun en 1997), a succédé Pierre Désiré ENGO (administrateur civil, ancien ministre artisan du miracle économique camerounais des années 70-80, ancien Directeur Général de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale, soupçonnée de faire concurrence au parti présidentiel avec sa fondation Martin Paul SAMBA), embastillé depuis le 03 septembre 1999 au mouroir carcéral de Kodengui à Yaoundé...Et tant d'autres encore, non des moindres!

En effet basé sur une solidarité ethnique et régionale autour d'un Président omnipotent et inamovible, le Système BIYA a besoin de comptabiliser ses fidèles comme ses victimes dans toutes les éthnies et régions du Cameroun. C'est cela la rançon de la réussite individuelle dans un régime tyrannique, mais aussi le gage de sa pérennisation.

Zacchaëus Forjindam, originaire de la région ouest-anglophone du Cameroun, n'échappe donc pas à la règle sordide qui veut qu'après avoir embastiller ses supposés frères du Sud Cameroun (Edzoa, Engo...), le système BIYA ressente le besoin de rassurer ceux des pontes qui lui restent fidèles en réservant un sort identique aux camerounais originaires d'autres zones géographiques, quand bien même les charges qui pèsent sur ces derniers seraient dérisoires comparativement à leurs réalisations, pour ne pas dire insignifiantes.

Pour Paul BIYA la souffrance endurée par un homme, par sa famille, voire par tout un pays... ne sera jamais à la hauteur de sa grande et unique ambition: être le Président à vie du Cameroun. Et peu importe finalement que des milliers de camerounais se retrouvent sans emploi à cause d'une chasse aux sorcières livrée systématiquement contre des gestionnaires compétents; qu'une entreprise navale jadis florissante comme le Chantier Naval du Cameroun tire désormais le diable par la queue du fait de l'amateurisme qui a succédé à la gestion rigourese de monsieur Zacchaëus Forjindam (précipitant de fait la CNIC dans les bras de potentiels prédateurs comme le Groupe BOLLORE)...l'essentiel du régime est ailleurs et demeure sauf: donner à l'opinion nationale et internationale l'image d'un pays qui combat sa corruption endémique en livrant des boucs émissaires au rythme des classements annuels de transparency international.

Jusqu'à quand? personne ne sait....

Je vous remercie

Joël Didier ENGO

 

Biens mal acquis des chefs d’Etats :L’impact de la décision de la Cour de cassation française
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Mardi dernier, l’avocat Charles Nguini, président de la section locale de Transparency international, et son confrère Akéré Muna, vice président international de la même Ong ont tenu une conférence de presse à Yaoundé.

Par Xavier Messè
Mutations 29 octobre 2010

http://www.quotidienmutations.info/octobre/1288333767.php

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